Image de soi et péri ménopause

Il y a quelques jours, j'ai enregistré une vidéo portrait pour un évènement auquel je participe prochainement. Le rapport à l'image de soi est parfois compliqué, surtout en cette période de péri ménopause...

Bonjour,

J’ai enregistré, récemment, une vidéo pour la présentation d’une table ronde sur la thématique de la ménopause organisée prochainement par le journal local. Je suis honorée d’avoir été sollicitée pour participer à cet évènement en compagnie du chef de service gynécologie du Centre Hospitalier Universitaire de Reims et d’une diététicienne. J’y interviens en tant que Psychopraticienne, accompagnant les femmes en période de pré, péri et ménopause.

Hier, la vidéo a été diffusée sur les réseaux et en la regardant, j’ai eu un choc…Bien qu’ayant l’habitude de me voir, je n’étais pas prête à cela.

J’ai l'habitude de la caméra. J’ai fait plusieurs télés autrefois et je me filme régulièrement pour mes réseaux sociaux, je réfléchis toujours, un minimum, au cadrage. Sans trafiquer mes vidéos et sans être forcément dans l'angle le plus flatteur. Mais là, je me suis retrouvée face à mon image d'aujourd'hui prise par une autre personne. Une personne qui ne connaît rien de moi, de mes émotions et de mes ressentis face à mon corps en péri ménopause. Et ce fut un peu violent émotionnellement.

J'ai vu mon ventre, cette bouée accentuée ces derniers mois, j'ai vu mon pull bleu que j'aime tant qui ne me mettait pas en valeur. J'ai vu ce que je faisais de bien et ce que je ne faisais pas selon les diktats et les recommandations dans les journaux et sur les réseaux. En bref, je me suis vue et j'ai sursauté d'effroi. Je me suis jugée. Pourtant, ça fait des années que je pense être au clair avec mon corps et là me sont revenues à la figure les peurs et les angoisses ressenties pendant mon adolescence et ces périodes de harcèlement parce que mon corps ne correspondait pas aux "standards". J'ai donc partagé rapidement en story cette vidéo mais je ne suis pas allée lire les commentaires ou même voir s'il y en avait. Je ne souhaite pas m'exposer davantage à une possible bêtise et violence humaine, qui fait partie du jeu, lorsque l'on s'expose un minimum publiquement.

Comme beaucoup de femmes je ne suis pas toujours à l’aise à 100% avec mon corps. Il y a toujours un trauma caché, un truc qu'on pensait avoir guéri et qui revient. Ce truc qui va vous pourrir la soirée ou la journée. Une remarque, un reflet dans le miroir de l'ascenseur ou une vitrine, une vidéo mal cadrée, même si la personne en face pense bien faire. Avec le temps et le travail sur soi, c’est moins puissant. On rebondit plus vite mais quand même. Je sais ce que c'est d'être critiquée pour son corps, d'avoir des moments où on l'aime moins, de recevoir jugements et projections d'autrui qui viennent appuyer sur ces vieilles blessures et chambouler.

Parce que cette période c'est ça aussi : Apprendre à faire la paix avec soi, à faire les choses pour soi et pas pour les autres, avec toutes les difficultés que cela sous-entend., mon expérience fait aussi partie de mon accompagnement.

La semaine dernière, j'ai failli dire à la journaliste en charge de la vidéo de cadrer serré afin que ce soit plus flatteur pour moi mais je ne l'ai pas fait.

Pourquoi ?  Je me suis dit qu’elle connaissait son job et qu’elle allait y penser. Je me suis aussi dit que je devais accepter pleinement qui je suis. Force est de constater que j’ai, moi aussi, encore un peu de chemin à faire.

L'autre n'est pas nous, il ne peut pas deviner ce qu'il se passe dans notre esprit et le tourbillon de nos émotions. Je ne lui en veux pas, ça fait partie du jeu et de ce qu'on ne peut pas toujours contrôler. Le reste se passe de moi à moi.

Cette période de pré/péri et ménopause c'est aussi un bouleversement identitaire. On ne se reconnaît plus physiquement, émotionnellement, psychologiquement. Ça bouscule, ça peut être compliqué à vivre et c'est là que j'interviens.

J’accompagne les femmes sur diverses « problématiques » telles que :

• la perte de désir et d'envie dans le quotidien (je ne parle pas de la sexualité, mais de toutes ces petites choses pour lesquelles on n’a plus vraiment la flamme)

• les bouleversements identitaires

• les angoisses diffuses

• la colère, notamment de ne plus être celle d'avant

• le sentiment d’inutilité, le sentiment de devenir vieille et moche

• les deuils invisibles (celle d'avant, le nid vide, les parents qui vieillissent)

Tout ce capharnaüm d'émotions, de moments compliqués, de sensations en tous genres qui déferlent et nous donnent parfois l'impression de nous sentir submergées et incomprises.

Alors oui, il y aura toujours des bons conseilleurs, des « tu devrais faire comme ci, comme ça. Faire plus de sport, manger moins de fromage… » Merde. Les autres ne sont pas vous. Ils ne sont pas dans votre corps et ne savent pas ce que vous avez vécu et ce que vous vivez. 

Je vous propose un espace sécurisé et sécurisant pour parler de tout cela sans jugement, pour déballer vos baluchons, faire le tri et avancer vers plus de paix et d'amour de soi.

Je pense que cette expérience de vidéo doit servir à toutes les femmes, à toutes celles qui peinent à trouver un peu de sérénité pendant cette période de mue et dans leur vie, tout simplement. C'est un peu, aussi, une catharsis pour moi. Les années de thérapie m'ont appris à prendre assez vite du recul et à transformer en positif ce qui peut sembler négatif de prime abord.

Afin que mes mots soient accessibles, je vais aussi déposer cette newsletter sur mon blog sous forme d’article.

Je vous souhaite une excellente fin d’année, peut-être reviendrais-je ici pour les fêtes.

Olivia 

Image Pinterest

Plus d’informations sur mon site www.oliviabegyn.com

Agenda :

  • Table ronde spéciale Ménopause au Journal L’Union le 9/12 à 19h, réservation auprès du journal.

  • Je vous retrouve les 12 et 13 décembre à l’occasion des Habits de Lumière à Epernay chez Pol Roger à partir de 18h30 les deux soirs en quartet jazz.


Tu n'es pas foutue, tu es en mue !

Par Olivia BEGYN

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